Les débris spatiaux

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Modifié le 08 décembre 2025

Répartition des débris dans l'espace
Répartition des débris dans l'espace © ESA 2013

La démocratisation des technologies spatiales ces dernières décénnies a provoqué une augmentation du trafic dans l'espace qui se traduit par une progression exponentielle du nombre d’objets en orbite. Cette situation commence à poser de sérieux problèmes de sécurité.

Qu'est-ce qu'un dĂ©bris spatial ?

Jusqu’à une Ă©poque rĂ©cente, divers objets ont Ă©tĂ© mis en orbite : Ă©tages supĂ©rieurs de fusĂ©es, moteurs d’appoint, adaptateurs pour lancements multiples, sangles, fragments de dispositifs pyrotechniques, goupilles, caches d’optiques… Pour les satellites entiers, une fois leur vie opĂ©rationnelle achevĂ©e, ou après une panne ayant entraĂ®nĂ© leur perte inopinĂ©e, la plupart sont restĂ©s sur leur orbite. Le vieillissement des revĂŞtements et des Ă©quipements, comme les gĂ©nĂ©rateurs solaires, a pu engendrer une fragmentation partielle, Ă  moins qu’un rĂ©sidu d’ergol dans un rĂ©servoir ou la surcharge d’une batterie n’ait entraĂ®nĂ© une explosion et la dispersion de centaines de dĂ©bris... Parfois, il arrive que ces Ă©paves, ces dĂ©chets ou ces dĂ©bris se percutent, gĂ©nĂ©rant Ă  nouveau de nombreux fragments.

Illustration de l'explosion d'un étage supérieur de fusée resté en orbite.
Illustration de l'explosion d'un étage supérieur de fusée resté en orbite © ESA

En effet, le principal danger rĂ©side dans les collisions entre satellites et dĂ©bris spatiaux. Elles se produisent Ă  des vitesses très Ă©levĂ©es (entre 7 et 16 km/s soit entre 25 200 et 57 600 km/h), 10 fois la vitesse d'un coup de fusil, et la collision d’un seul objet peut gĂ©nĂ©rer une multitude de dĂ©bris supplĂ©mentaires en impesanteur, crĂ©ant un effet domino et aggravant le problème. On nomme ce processus le syndrome de Kessler, du nom du scientifique amĂ©ricain de la NASA ayant le premier alertĂ© sur ce problème en 1978.

Actuellement, nous ne pouvons observer depuis le sol que les objets de plus de 10 cm. On estime Ă  environ 34 000, le nombre d'objets supĂ©rieurs Ă  cette taille en orbite, dont 9 000 sont des satellites actifs. Le nombre de dĂ©bris spatiaux dont la taille est supĂ©rieure Ă  1 mm est quant Ă  lui estimĂ© Ă  environ 128 millions. Le risque de collision est particulièrement Ă©levĂ© dans certaines zones, comme l’orbite terrestre basse, oĂą se concentrent beaucoup de satellites.

Des mesures prĂ©ventives : dĂ©sorbiter les satellites

La France s’est imposée comme l’un des pionniers dans la lutte contre la prolifération des débris spatiaux. En effet, dès 2008, la loi relative aux opérations spatiales a posé les bases d’une approche proactive, imposant aux opérateurs français de respecter un certain nombre de règles pour limiter leur impact environnemental.

Ces règles sont simples : 

  • Ne pas produire de dĂ©bris en orbite intentionnellement (comme ce fut le cas avec la destruction volontaire d’un satellite chinois le 11 janvier 2007 et ses 3 527 dĂ©bris identifiĂ©s).
  • Passiver les satellites en fin de vie (c'est Ă  dire vider les rĂ©servoirs de carburant qui pourrait gĂ©nĂ©rer d’autres dĂ©bris en explosant lors d’une collision)
  • Respecter la « règle des 25 ans Â» pour les satellites en orbite basse (les satellites doivent rentrer dans l’atmosphère dans les 25 ans suivant leur fin de vie opĂ©rationnelle)
  • Respecter l’« orbite cimetière Â» pour les satellites gĂ©ostationnaires (orbite qui Ă©vite les satellites opĂ©rationnels).

Cette loi relative aux opĂ©rations spatiales a Ă©tĂ© mise Ă  jour en 2024 avec entre autres l’obligation pour les satellites français en orbite basse de rentrer dans l’atmosphère au bout de 3 fois la durĂ©e de la mission et un plafond Ă  25 ans. C’est une première mondiale !

Nos vidéos sur les débris spatiaux

CAESAR : mieux vaut prévenir que guérir !

En 2013, nous avons créé le service CAESAR (Conjunction Analysis and Evaluation Service, Alerts and Recommendations). Il analyse les informations disponibles sur les rapprochements en orbite, Ă©value le niveau de risque, alerte quand le niveau de risque de collision dĂ©passe le seuil dĂ©fini (0,05%) et valide les actions d'Ă©vitement. Le CNES Ă©met ainsi chaque annĂ©es 200 alertes anti-collision qui permettent aux opĂ©rateurs de satellites d'Ă©viter le pire. 

Et demain : une multitude d'innovations technologiques

Avec la loi sur les opĂ©rations spatiales, très contraignante, comment permettre aux entreprises et industries spatiales françaises de rester compĂ©titives ? En dĂ©veloppant de nouvelles technologies qui feront la diffĂ©rence. C'est le rĂ´le de notre dispositif Tech For Space Care (T4SC) pour limiter les dĂ©bris spatiaux tout en soutenant l'Ă©cosystème français. 

Infographie présentant les technologies T4SC (Tech For Space Care) développées par le CNES afin de limiter la prolifération de débris spatiaux
Les nouvelles technologies de T4SC pour limiter les débris © CNES, 2024

Comment capturer les dĂ©bris spatiaux ?

Parallèlement Ă  ces projets, des start-ups et des entreprises notamment en France travaillent sur les briques technologiques permettant de se rapprocher de ces dĂ©bris, de se synchroniser avec leur trajectoire pour venir les ramasser avec des vĂ©hicules, les attraper et enfin les dĂ©sorbiter. Ces engins du futur sont appelĂ©s « space tugs Â», remorqueurs spatiaux ou encore Ă©boueurs de l'espace... L’opĂ©ration est complexe et coĂ»teuse.

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On peut citer le projet ClearSpace de l’Agence spatiale europĂ©enne (ESA) qui a pour ambition de dĂ©sorbiter un morceau d’étage de 112 kg de la fusĂ©e europĂ©enne Vega. L’entreprise japonaise Astroscale dĂ©veloppe aussi des activitĂ©s de ce type depuis 2013, avec un certain nombre de dĂ©monstrations en orbite dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ©es. Sa mission ADRAS-J, lancĂ©e le 18 fĂ©vrier 2024, vise Ă  se rapprocher d’un troisième Ă©tage de lanceurs japonais H-2A mis en orbite en 2009, et de se synchroniser avec cet Ă©tage pour valider la phase de rapprochement final. Astroscale a depuis peu montĂ© une antenne en France pour dĂ©velopper une partie de ses activitĂ©s aussi dans l’Hexagone. La start-up bordelaise Dark se positionne aussi sur l’interception de dĂ©bris avec des solutions innovantes.

Projet ClearSpace de l'ESA.
Projet ClearSpace de l'ESA © ESA

Quizz

Combien existe-t-il de débris dans l'espace dont la taille est supérieure à 10 cm ?

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